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Jake se précipita pour
l’aider à se relever, mais aucun de ses muscles ne semblait
prompt à la coopération. Marc était déjà là et l’aida à la
transporter jusqu’à l’infirmerie. Les deux jeunes
hommes restèrent dans un coin de la petite pièce trop éclairée, et
trop blanche, en attendant de voir si elle allait mieux. Son corps
semblait reprendre de la vigueur mais pas son teint, qui passait du
vert au blanc sans grande interruption. Le garçon aux cheveux noirs
finit par grogner et partir pour aller chercher les affaires de
Stéphanie, ça ne servait à rien qu’elle reste à
l’université dans cet état. Marc vint s’asseoir près
d’elle et lui caressa doucement les cheveux, les écartant de
son visage de poupée. Elle essaya de lui sourire, cependant des
larmes vinrent embrumer ses yeux.
« Stéph’… Ca
va mieux ? »
Il n’eut comme réponse
qu’un hochement de tête
désapprobateur.
« Jake est parti chercher
tes affaires, je pense qu’il va te reconduire chez
toi… Tu as vraiment une sale mine tu
sais.
- Merci
beaucoup…
- C’est normal, mais
qu’est-ce que tu avais ? Jake m’a dit que tu
l’avais évité toute la matinée, en larme. Il t’a fait
quelque chose ?
- Quoi ? Bien sûr que
non… Je ne l’ai même pas vu, c’est juste
que… non rien laisse
tomber.
La jeune fille se mit sur son
flanc, dos au jeune homme châtain. Ce dernier soupira, il resta
assit à côté d’elle en attendant que son ami revienne avec
ses affaires. L'inquiétude et le malaise se lisaient sur son
visage, il ne savait vraiment pas comment réagir. Puis le portable
de la jeune fille, rangé dans la poche de Marc, se mit à sonner. Ce
dernier sursauta, ne comprenant tout d'abord pas ce qui se passait
et d'où venait la musique mal enregistrée. Il sortit le petit
appareil, un numéro inconnu s’afficha à l’écran.
Stéphanie retrouva toutes ses forces pour attraper ce dernier et
décrocha. Elle ne dit rien écouta juste, les larmes lui montaient
aux yeux et se répandirent sur ses joues. Elle lâcha le téléphone
et s’écroula dans l’oreiller, pleurant à chaudes larmes
et sanglotant ouvertement. Le garçon prit le téléphone et reprit la
conversation, assez furieux après l’interlocuteur.
« Qui est à
l’appareil ?
- C’est à moi de
demander ça ! Pourquoi avez-vous le portable de
Stéphanie ?!
- Car elle n’est pas en
état de continuer et que je suis un ami qui ne supporte plus de la
voir aussi mal !!
- Alors jeune homme on se
calme. Si elle ne vous a rien dit c’est que ça ne vous
regarde pas ! Je suis son
médecin.
- Son méde…
Stéphanie ? demanda-t-il à la jeune fille encore en larme,
mais elle ne répondit rien.
- Passez-la
moi.
- Elle ne peut pas prendre le
téléphone.
- C’est très
important.
-
… »
Il rendit alors
l’appareil, elle lança un bref « allô » mais ne dit
plus rien avant un moment, quelques mots incompréhensibles
sortaient parfois de sa bouche puis elle raccrocha. Marc se sentait
vraiment idiot et inutile. Il avait tellement de
questions à lui poser sans savoir
comment faire dans un moment pareil. Jake revint enfin et le
malaise qui planait était loin d’être discret. Il se sentait
très inconfortablement installé ainsi, debout, droit comme un
piquet, un petit sac rouge sur l’épaule, petit sac qui devait
être celui de la jeune femme. Marc prit alors Stéphanie par les
bras et l’aida à se mettre debout, lui expliquant calmement
qu'ils la ramenaient chez elle. Ils durent encore être deux pour la
faire avancer sans risque jusqu’à sa voiture. Le noirâtre la
raccompagna et le châtain alla à la cafétéria pour boire un
troisième café qui lui permettrait certainement de se remettre de
ses émotions, et surtout, se trouver une excuse pour ses mains
encore tremblantes. Son colocataire réapparut pour les deux
dernières heures de cours de la journée. Mais le café passait mal
et se fut alors Marc qui n’était d'humeur à faire la
conversation, il n’arrivait pas à reprendre son calme, avait
des sueurs froides et gigotait beaucoup. Pourtant il le cachait
bien.
« Son frère est décédé
hier soir… Commença soudainement
Jake
- Son frère ?
Mais… Non…
Comment ?
- … Il est tombé
d’un pont en moto, il a dérapé à cause d’une rafale de
vent.
-
Merde…
- Jessica a aussi fait le saut
de l’ange… Ils étaient
ensemble.
- Jessica ? Celle qui
était au lycée avec
nous ?
- Ouai. Et… Le père de
Stéph’ est à l’hôpital... Depuis ce
matin. »
Le silence pesant avait repris
son cours. Aucun des deux jeunes hommes n’étaient en mesure
de vouloir distraire l’autre de toute façon. Une de leurs
amies, la meilleure pour l’un, était en train de vivre un
vrai cauchemar. Mais que pouvez-t-ils bien faire ? Comment
aider une personne alors que l’on ne peut même pas imaginer
ce qu’elle ressent ? Si elle avait eu besoin d’eux
elle leur aurait certainement demandé de l’aide. Ils
préfèrent tous deux, sans même se concerter, la laisser tranquille,
lui laisser le temps de se reprendre doucement. Ils iraient la voir
régulièrement et la soutiendraient si elle revenait à
l’université dans les prochains
jours.
Comme tous les soirs, ils
allaient boire un verre avant de rentrer, Marc ne fit pas attention
et commanda un autre café malgré les protestations de son ami. Puis
les sueurs froides reprirent ainsi que quelques vertiges. Jake
n’était pas dupe et comprit rapidement que quelque chose
n’allait pas, même s'il n'avait voulu le lui faire remarquer
quelques temps plus tôt.
« Marc ? On dirait
que t’as avalé une méduse… Ca va
pas ? »
Le silence de son
interlocuteur le conforta dans son idée. Surtout quand il devint
encore plus blanc qu’un linge en buvant une nouvelle gorgée
de café. Mais l’hypothèse de la méduse était à laisser de
côté. Le garçon se leva d’un bond et courut aux toilettes.
Jake se leva doucement et le rejoignit au bout d’un moment,
un peu inquiet. Marc était en train de se vider comme jamais
auparavant, et cela avait l'air fort
désagréable.
« Gastro ? Osa demander
le corbeau en passant sa tête dans l'entrebâillement de
la porte.
- … Caféine. Répondit
l’autre en se
relevant.
- Mais t’en as bu
combien ?!
- Quatre tasses depuis ce
matin…
- T’es vraiment un
boulet… Arrête la caféine, passe au
British !
- J’y
penserai… »
Il eut un nouveau vertige et
retourna discuter avec le bord blanc de la cuvette. Jake lui massa
doucement le dos pour le réconforter. Ca l’inquiétait tout de
même pas mal de le voir comme ça. Marc était sujet à de nombreux
« rejets » quand il s’agissait du café, pourtant il
n’arrêtait pas d’en boire pour se forcer à se
réveiller. Il devait y avoir quelqu’un dans sa famille qui
était narcoleptique et qui lui avait transmis un peu de ce gêne
défaillant.
Ils décidèrent de rentrer tôt
pour une fois, et le chemin du retour se fit en silence. Aucun des
deux n’étaient suffisamment à l’aise pour parler, et
les mouvements du bus rien aux nausées de Marc qui ne tenait
presque plus debout. Son ami le
soutenait par la talle fermement et le
laissait s’appuyer contre lui pour être certain qu’il
ne finisse pas par terre et aussi éviter qu’il ne tangue
trop. Les autres passagers les regardaient étrangement, surtout le
grand chevelu à la carrure imposante qui tenait le plus petit de
façon presque possessive et trop protectrice. Cependant le malade
ne remarqua rien, se contentant d’essayer de se
reprendre ; pour ne pas avoir une nouvelle
nausée.
Une fois arrivé, Marc se
précipita dans la petite salle de bain de l’étage pour se
soulager l’estomac et se rincer le visage - un petit coup de
brosse à dent au passage. Son colocataire attendait devant la
porte, toujours inquiet. Quand Marc sortit, il était épuisé et alla
aussitôt se laisser tomber sur son lit. Jake le suivait et lui
demanda, un bras appuyé contre le battant de la porte :
« Si tu as besoin d’un truc hésite pas…
J’appelle le doc si tu
veux.
- Non c’est bon merci.
M’attend pas pour manger, je vais éviter je
pense.
- Ok, repose-toi bien surtout,
je vais chez Paul pour les
TP »
Marc se redressa aussitôt et
essaya de se mettre debout mais retomba aussitôt sur le
lit.
« Oh Merde oui !
Vraiment désolé. Je m’occuperai du compte rendu
promis !
- T’inquiète,
c’est pas grave, allez couche-toi avant de t’évanouir
méduse-man. »
Il semblait avoir retrouver un
semblant de joie de vivre malgré l’inquiétude qui restait sur
son visage mât. Il était trop gentil. Marc se coucha après avoir
repasser la journée au moins trois fois dans sa tête, il pleura
très silencieusement même si la maison était vide. Il connaissait
bien le frère de Stéphanie.
Quand il s’endormit, son
ancien cauchemar le reprit, mais plus pousser, cette fois-ci, il
voyait clairement la noyade de Jake. Il le voyait lutter contre la
coque d’un bateau à voile retourner au-dessus de lui, contre
le courant qui l’empêchait de nager correctement. Il avait
l’impression de vivre cette noyade. Il se réveilla en sursaut
et en hurlant à plein poumon. Jake était au dessus de lui et tomba
du lit sous la surprise. Il se massa sa chute de
reins.
« Woh ! J’ai
bien fais de te réveiller ! Tu es sûr que ça
va ? »
Marc serra ses jambes contre
sa poitrine et cacha sa tête dans ses genoux. Il n’avait
jamais rien montrer de pareil à son ami, trouvant cela trop
pitoyable, mai il était tellement terrifié qu’il ne pouvait
le cacher. Son rêve était encore plus réel que le précédent. Il
tremblait.
« Hé… C’est
bon c’est fini. Tu veux boire quelque
chose ?
-
…
- Je t’apporte de
l’eau. »
A peine s’était-il levé
que le jeune homme tétanisé lui attrapa le poignet pour qu’il
reste. Il se sentait affreusement idiot, mais il avait peur de
revoir ces douloureuses images s’il se mettait à réfléchir,
seul. L’autre haussa les épaules et se rassit près de
lui.
« Pas d’eau alors.
Mais tu rêvais de quoi pour être dans cet
état ?
- … De t… De
tasses à café géantes qui voulaient me noyer dans la
caféine ?
- Ha ha ha ! Pas
mal ! Mais élude pas la question, dis juste que tu veux pas en
parler. Enfin bref, tu as dû chopper un truc pas cool,
j’appelle vraiment pas le
doc ?
- Non non ! Ca doit être
le stress des prochains exams c’est tout, répondit-il en
était déjà un peu
mieux. »
Son interlocuteur parut un peu
soulager et lui demanda d’essayer de se rendormir, et vu que
le réveil indiquait seulement quatre heure du matin, c’était
compréhensible. Marc s’exécuta faussement et après le départ
de Jake qui baillait bruyamment, il s’endormit à
contre-cœur. Tel est le problème des gens ayant un sommeil
facile. Le cauchemar ne reprit pas, mais un autre le remplaça avec
tout autant de tenacité. Et cette fois-ci, c’était Stéphanie
qui en était la tragique
héroïne…
Voici donc la fin de ce premier
chapitre. Pas mal de mauvaises surprises je dois le
reconnaître.
Allez Allez laissez moi vos
impressions et vos réactions.
Des idées pour la suite
?
Marc fait-il juste des
cauchemars chroniques dû à son stress
?
Kami-Kazuki-Sama
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